Paver la voie à l’ère du numérique

Le bien-fondé d’une coordination plus efficace à l'échelle nationale

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Alex Benay

Co-fondateur et ex-coprésident

Ne vous méprenez pas, le Canada et, par conséquent, les Canadiens, sont coincés dans une course mondiale pour la prospérité. Il s’agit d’une course internationale dans le but d’innover plus rapidement, de générer de nouvelles idées plus rapidement et de donner ultimement naissance à de nouvelles économies. Et la pandémie mondiale a multiplié maintes fois la vitesse de ce phénomène. Cette course est attribuable aux variations massives de nos modèles de production économique. Nous ne le réalisons peut-être pas dans notre vie de tous les jours, mais soyez assuré que le modèle de prospérité a évolué et que cette évolution se poursuit.

Dans un pays, comme le Canada, qui a profité du modèle économique de l’ère industrielle, le passage vers un nouveau mode de production plus souple axé sur la prospérité liée au numérique et à la PI est difficile. Lorsque vous retirez des couches du battage entourant les tentatives de relations publiques, le Canada affiche un pot-pourri de résultats en ce qui concerne la croissance de l’économie numérique. Dans certains cas, nous sommes dans le match. Compte tenu des investissements réalisés dans l’intelligence artificielle, par exemple, le Canada reste pertinent. Malgré tout, dans d’autres domaines, nous nous sommes trop peu engagés, par exemple, lorsqu’il s’agit de créer un cadre véritable des droits numériques qui a du mordant et qui demande des changements profonds dans les lois – un domaine qui est habituellement réservé à l’Union européenne.

En réalité, nous accusons un retard à certains niveaux, mais nous sommes heureusement des chefs de file dans d’autres. Nous faisons partie des pays les plus connectés sur la planète. Malgré tout, nous en profitons trop peu. Nous n’avons pas d’identité numérique pour nos citoyens et l’infrastructure de notre économie numérique laisse grandement à désirer. Malgré tout, nous disposons des ressources nécessaires pour procéder à une transformation massive. Nous avons des mécanismes pour réglementer l’innovation et la protection des citoyens, mais nous échouons malgré tout souvent à la tâche.

On fait régulièrement valoir que nous sommes un vaste pays et que notre mode de gouvernement inspiré de Westminster exacerbe les tensions fédérales-provinciales. Ajoutons à ça les défis entourant la connectivité dans le Nord et les excuses ont tôt fait de s’accumuler. D’accord, il s’agit là de problèmes. Cependant, les pays qui mènent dans la course pour la prospérité numérique, comme l’Estonie et le Danemark, prétendraient qu’il s’agit là précisément des raisons pour lesquelles le Canada doit être un chef de file du numérique. Nos défis sont également des possibilités et l’unique façon de nous attaquer à ces menaces à notre prospérité nationale consiste à conjuguer nos efforts dans tous les secteurs d’une manière significative.

C’est la raison pour laquelle j’accordais personnellement autant d’importance au lancement du Conseil stratégique des DPI. J’ai passé ma carrière à déployer des technologies au Canada et à l’étranger et j’ai vu ce qui était possible. C’est la raison pour laquelle je crois que le Conseil stratégique des DPI joue un rôle crucial. À l’époque où j’étais DPI du Canada, ce nouveau groupe faisait partie de mes grandes priorités parce que, à l’instar de tellement d’autres, j’entrevois un avenir formidable pour le Canada, mais uniquement si nous oublions nos excuses et si nous nous mettons rapidement à la tâche dans tous les secteurs.

Nous devons axer nos efforts comme jamais sur l’élaboration de normes technologiques de la prochaine génération afin de combler le vide laissé par les lois et les règlements déjà existants qui n’ont pas suivi le rythme des changements. Nous devons également unir notre écosystème des TIC pour favoriser l’innovation canadienne et le leadership à l’échelle mondiale.

Nous avons un groupe de DPI provenant de sociétés, du fédéral et des provinces, de municipalités, d’organismes à but non lucratif et de nombreux autres secteurs et nous travaillons tous à résoudre les problèmes numériques communs. Je ne veux pas avoir l’air de dramatiser, mais il s’agit du seul groupe au pays qui s’efforce de combiner tous nos efforts fragmentés dans le but de créer un pays numérique. Notre démarche va au-delà des investissements à titre individuel, de la R et D, des universités, des entreprises en démarrage, des programmes gouvernementaux et des investissements des grandes sociétés – c’est littéralement tout ça en même temps. En tant que technologues canadiens, nous sommes préoccupés par la volonté de bâtir une nation numérique améliorée pour tous et nous continuerons de placer la prospérité numérique du pays au premier plan de n’importe quel programme. En ces temps tumultueux et sans précédent, les mesures visant à faire davantage de place au numérique ne sont plus une option, mais uniquement l’unique façon de sortir de cette crise comme une économie plus résiliente et fructueuse.

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